Sujet : En pleine guerre, la relation toxique USA-Israël approche de son point de rupture, par Gideon Levy |
De : Tlaxcala <faustotounsi+traductions-tlaxcala-translations@substack.com> |
Date : 07/04/26, 06:48 |
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Après des années durant lesquelles Israël a fait ce qu’il voulait, la guerre en Iran pourrait devenir un tournant dans les relations entre les USA et Israël. Rompre le lien inconditionnel entre les deux pourrait devenir le seul espoir d’Israël pour faire face à la réalité de l’occupation et de l’apartheid et pour mettre fin à ses guerres sans fin. Israël devra alors finalement choisir entre un Israël différent, ou pas d’Israël du tout.Gideon Levy, Haaretz, 5/4/2026 À la fin de cette guerre futile, une lueur d’espoir émerge. Elle est écrite sur de la glace : ça pourrait tourner au désastre, comme le font les guerres, et pourtant, il y a un certain espoir. En ces jours de désespoir, il est difficile d’attendre plus que ça. La guerre pourrait générer un bouleversement fatal des relations entre les USA et Israël. Ce qui était ne sera plus. Alors qu’en Israël on se félicite de la coopération entre les deux pays et de l’alliance des pilotes forgée dans les cieux de Téhéran, des nuages noirs se forment au coin du ciel. Plus l’échec de la guerre deviendra apparent, plus il deviendra clair que les USA se sont fourrés dans un pétrin sans savoir comment en sortir, plus grand sera le jeu des accusations qui s’ensuivra. Il sera manifestement unilatéral. Les USA rejetteront toute la faute sur Israël. Cela pourrait provoquer un effet domino dans d’autres pays qui n’attendent que la rupture des liens entre les deux. Quand le feu s’éteindra, Israël pourrait se retrouver dans une situation qu’il n’a jamais connue : une Corée du Nord locale. Il pourrait devenir un État paria isolé, privé du soutien usaméricain sans lequel il ne peut exister. Les soubassements malsains des liens entre les USA et Israël auraient dû être éradiqués il y a des années. Sans une base logique d’intérêts communs, cela n’aurait pas pu durer. La répartition des rôles entre eux est devenue de plus en plus floue au fil des ans, au point que l’on ne savait plus qui était la superpuissance. Israël a fait tout ce qu’il voulait, et d’immenses quantités d’aide ont afflué sans condition. Du temps de Mr. America, alias Benyamin Netanyahou, qui a osé faire un pied de nez aux USA plus qu’aucun autre Premier ministre avant lui, ces relations ont pris des proportions monstrueuses. Un Premier ministre a sapé les présidents usaméricains, et son pays n’en a subi aucun dommage, par exemple sous le mandat de Barack Obama. Colonies, annexion, guerres criminelles à Gaza et au Liban, pogroms, apartheid, génocide – et les USA ont condamné. Ils ont condamné mais ont continué à payer, ils ont réprimandé mais ont opposé leur veto à l’ONU, ils ont morigéné mais ont envoyé des ponts aériens avec des munitions. L’Europe a été forcée de se mordre la langue et de ne rien faire, même après la guerre de Gaza, par peur des USA. Aujourd’hui, elle n’attend qu’une occasion de régler ses comptes avec Israël, tout comme de larges pans de l’opinion publique usaméricaine, y compris au sein des communautés juives. Tout le monde en a plus qu’assez de ce genre d’Israël, avec son mépris constant de la communauté internationale, son dédain du droit international et l’écart inconcevable entre l’opinion publique de la plupart des pays du monde et les positions de leurs gouvernements. La guerre contre l’Iran pourrait devenir un tournant. Les deux partis usaméricains n’attendent que la fissure pour éclater. Le premier à rejeter la faute sur Israël sera Donald Trump. Il donnera le signal, et le déluge suivra. Cela pourrait être destructeur, mais cela pourrait pousser Israël dans une direction positive. Rompre le lien inconditionnel entre les USA et Israël pourrait devenir le seul espoir, si cela s’accompagne d’un changement profond dans les politiques israéliennes. Ce changement n’aura pas lieu de lui-même. Israël ne se réveillera pas un matin en se disant qu’il faut arrêter l’occupation, l’apartheid et ses guerres sans fin, et qu’il doit aussi écouter le monde. Seule la rupture du lien avec les USA pourrait amener ça. Il y a ici un risque que le bébé – qui n’est plus un bébé depuis longtemps – soit jeté avec l’eau du bain global. Il est difficile d’imaginer Israël manœuvrant sans les USA. Il est vrai que les bavards de droite sont certains qu’Israël n’a pas besoin de l’USAmérique, mais ils devront faire face à la réalité. Soudain, il n’y aura plus d’armes, plus d’argent, plus de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Et alors ? La leader des colons, Daniella Weiss, nous protégera-t-elle ? Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, empêchera-t-il une résolution de l’ONU ? Les Ford Ranger des colons iront-elles à Téhéran ? Ce jour est plus proche que ne le pensent tous les participants à la marche de la folie d’Israël. Israël devra alors finalement choisir entre un Israël différent, ou plus d’Israël du tout. Fausto Giudice est gratuit aujourd'hui. Mais si vous avez apprécié ce post, vous pouvez dire à Fausto Giudice que sa plume a de la valeur en promettant un abonnement futur. Vous ne serez facturé que s'il active les paiements. |